Au petit matin, la jeune femme s’éveilla au doux son de…cris. Elle leva les yeux et sortit de sa couche à temps pour voir des hommes s’agiter devant Al Hataal pour le faire sortir de la maison dans laquelle il était entré dans le but de trouver la jeune femme.
« Tu leur dit d’arrêter leurs singeries ou je les bouffe ? » demanda un Al Hataal passablement blasé qui fixait les hommes d’un air plus qu’indifférent face à leurs grands mouvements de bras et cris.
Dainsleifin réprima un rire et s’avança vers les hommes.
« Ca ne sert à rien, vous pouvez lui parler comme à l’un d’entre vous. Il a un QI bien plus développé que les trois quarts du village. »
A ces mots les hommes baissèrent leurs bras honteux, et l’étalon releva l’encolure, fier comme un coq.
« Bon bien entendu, il est, comme nous tous, extrêmement sensible à la flatterie » soupira Aby avant de sortir, suivie des hommes et du Meshamhaan.
Les habitants du village se regroupèrent à la grande place de terre battue, tandis que la brune préparait son étalon. Elle se retourna vers la foule et les remercia tous pour leur accueil légèrement gênée d’être l’attraction du jour. Le chef s’avança et lui tendit un sac de toile solide, empli de nourriture durable, de viande séchée soigneusement empaquetée pour résister aux intempéries.
Ainsi qu’un cor blanc, magnifiquement sculpté, relié à une bande de cuir pour l’attacher autour du cou. La jeune femme sourit et le remercia
« J’ai un an pour apprendre à m’en servir maintenant. »
« Il est assez puissant pour être entendu de la côte. Des hommes guetterons votre appel chaque jour d’ici onze mois, lorsque nous l’entendrons, nous mettrons deux jours à rassembler La Sardaigne et la Corse, plus un pour arriver. La Botte et la Sicile seront prêtes huit jours plus tard. Dans votre sac se trouve un bout de bois creux, fermé des deux côtés dans lequel se trouve notre accord, notre promesse et notre allégeance à vos armées. »
Aby serra l’homme dans ses bras et lui répondit que l’allégeance était inutile, mais qu’elle acceptait volontiers le papier.
« Un grand radeau vous attend à la pointe Sud de la Corse. Ce n’est certes pas encore un navire, mais il est assez solide pour vous supporter tous les deux et vous permettre d’atteindre les côtes Africaines sans passer par la Sardaigne qui est d’après nos éclaireurs, occupée par les Autres. »
Les au revoir durèrent encore quelques minutes, puis Dainsleifin se mit en selle et serra les jambes, lançant sa monture au galop sur la piste. Elle jeta un dernier coup d’œil en arrière pour apercevoir les villageois lui faire de grands signes de la main. Certes elle n’était pas une guerrière émérite, mais elle avait au moins redonné espoir à une île entière.
Maintenant le tout est de ne pas les décevoir, murmura-elle pour elle même.
–Ne t’inquiète pas pour ça l’humaine, rit Al Hataal, d’après la légende les Armées Sud se regrouperont dès l’envahisseur sortit du centre de la terre pour un dernier combat. Tous les hommes connaissent cette légende, il faut juste leur mettre sous les yeux.
-Mais comment faire ça ? Je ne suis ni dieu, et encore moins un homme. Ils ne m’écouteront jamais…
L’étalon pouffa une fois de plus, laissant échapper un grognement sourd :
-Ne crois pas que tu sois seule à mener ce combat. Des hommes de mon peuple, les esprits, on inséré le traité des Armées Sud au cœur de leur religion. Oui dans le Coran se trouve une page cryptée, on y trouve la légende des Armées Sud. Et pour les hommes en dessous du Grand Désert sans vie, chaque village a un ancien qui est chargé de la connaître et de la conter. Les guerriers ont sûrement déjà traversé le Sable pour se rendre dans les camps.
Un silence s’installa, uniquement interrompu par le grondement des pattes du Meshamhaan.
–Non ne t’inquiètes pas, ils n’ont pas d’Autres chez eux. Seulement tout au Sud, mais pas assez pour être entièrement dirigés. La famille de mon maître est celle qui a mis en place ces traités, ils sentaient que leur peuple allait se diviser, alors ils ont décidé d’aider un peu, et de prévenir tout le monde.
Dainsleifin acquiesça et posa sa main sur l’encolure de l’étalon, jouant avec les amas de terre entre des poils qui formaient à présent des milliers de perles de boue, incrustées dans le pelage de l’animal. Ils arrivèrent à la pointe, et tombèrent sur cinq hommes endormis à côté de leurs cheveux.
Ils avaient sans doute œuvré toute la nuit pour construire le radeau. Chose qui était d’ailleurs bien trop évoluée pour être appelée Radeau : D’un côté se trouvait une sorte d’habitacle, pourvu d’une sorte de couchette et de rames, et de l’autre côté une encoche avait été faite dans le bois, de sorte que l’étalon s’attelait au radeau et pouvait tout faire avancer.
Aby remercia longuement les hommes, et leur promit de revenir les chercher dans un an pour « gicler ces saloperies hors de nos terres », puis se mit en route. L’étalon et la jeune femme prirent la mer, calme cette fois, et disparurent à l’horizon.
–Al Hataal ?
–Oui ?
–Tu sais la Légende…
-Oui ?
–Comment est-elle écrite ? Je veux dire, est-ce que tu la connais ?
–Oui… Laisse moi le temps de m’en rappeler…
Le silence se fit, dérangé uniquement par le clapotis des vagues et le bruit de l’Epée Blanche qui tailladait une fois de plus les cheveux de la brunette. Après de longues minutes l’étalon se mit à fredonner quelques paroles. Un grondement sourd s’élevait de sa gorge tandis que dans leurs esprits une chanson résonnait.
Une chanson ancienne, pleine de promesses et d’espoir.
La jeune femme se laissa bercer durant de longues minutes par ce chant dans une langue inconnue, puis l’étalon la reprit en langage commun.
***Aby,
la fille qui recycle discrètement
ses photos. Personne n'a rien vu? C'est cool
***
kékidi????

encore heureux que L'HP ne sois qu'a une vingtaine de minutes de chez moi, ça perttra à ma mr me voir assez souvent. Je crois qu'elle avait calculé son coup. Elle devait se douter qu'un jour ça arriverait 
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